«Les mères se battront pour la liberté des enfants. Pas de masques pas de vaccins dégoûtants pas de distanciation pas de micropuce pas de crainte!»

L’anthropologie a montré pendant des décennies que l’homme recourt à la pensée magique comme défense contre un monde qu’il ne peut ou ne sait plus expliquer : le théoricien du complot en colère contre la 5G ou le parlementaire qui fait un clin d’œil à les no-vax ne sont pas très différents des paysans d’il y a cent ans qui chassaient le mauvais œil en accrochant une tresse d’ail sur la poutre de la maison. L’homme, terrifié par des forces plus grandes que lui, cherche refuge dans sa capacité à manipuler la nature, mais la science reste et restera de plus en plus l’apanage de quelques-uns, de sorte que le raccourci de la théorie du complot, de la cause occulte, du “ils-ne-nous-disent-pas” demeure le seul moyen.

Et pourtant, la recherche continue du bouc émissaire, la méfiance déclarée à l’égard d’un État à qui on demande pourtant de s’attaquer à tous les problèmes en revendiquant le droit à la dé-responsabilité individuelle, sont tous les symptômes de la même maladie.

Dans les années 1950, de Martino est allé chercher la magie dans le sud profond de l’Italie, au-delà des Piliers d’Hercule auxquels l’intelligentsia de ces années attribuait la limite de la domination de la raison. Aujourd’hui, dans une pandémie dans la gestion de laquelle les États-Unis échouent aussi, dramatiquement, le monde se redécouvre tout au-delà d’Eboli.